Chaque fois que l’on prononce le nom Tchiuleandra, sa pensée s’envole vers une danse rythmée, qui entraine les danseurs dans une ronde presque folle qui suppose une excellente forme physique pour poursuivre les autres.
Peu de personnes sachent que les origines de la Tchiuleandra se perd dans la nuit des temps, pareillement aux danseurs, qui semble prendre leur vol vers les nuages, et que les ethnologues la considère une réminiscence barbare liée à la célébration du culte du soleil.
Tchiuleandra ou Souleandra est une sorte d’ancêtre du rituel pratiqué par les Gètes à l’aide duquel ils envoyaient un messager auprès du dieu Xamolxe.
Une fois par quatre ans, les prêtresses du Soleil entraient dans une ronde rythmée, qui était lente au début et qui devenait de plus en plus alerte vers sa fin, cérémonie qui précédait le meurtre de la personne élue pour être sacrifiée.
L’émissaire était choisi par le destin, puisque les Gètes croyaient à l’immortalité, et il était jeté en air, blessé et tué par des flèches : s’il mourait les Gètes considéraient que Xamolxe avait reçu leur sacrifice et qu’il leur serra favorable, si la personne ne mourait pas, c’était mauvais signe et l’individu était accusé d’athéisme et d’avoir menu une vie amorale.
Une fois la morte physique survenue, les Gètes poussaient un cri de joie, DOBEROS DABEIS, dont les archéologues ont découvert les verses sur une pierre météorique, et qui constitue l’origine des verses du chant de la Tchiuleandra ( Deux fils, deux pailles/ Flanques une pille), et la danse arrive à son point culminant.
Le nom de la ronde est composé, de la particule Tchiul provenant du nom roumain tchiulin ( chardon) et du nom landra, qui signifie en langage populaire négligeant, détordu, une danse au hasard.
La tradition de la danse a été continuée dans la région de Muntenia, pendant les fêtes tenues aux solstices d’été et elle est liée à la célébration des Nuits de Sanziene ( un autre mythe populaire roumain).
Auprès la simple analyse de la position des danseurs, on va conclure qu’elle ressemble beaucoup à la ronde des êtres mythologiques, surnomées Sanziene, et les places préférés pour le déroulement de ces baccanales sont les champs de blé et la lisière des forêts.
Le rythme irréel des danseurs a enflamé beaucoup d’imaginations, mais c’est l’ecrivain Liviu Rebreanu qui a décrit le mieux cette danse, dans son roman intitulé Tchiuleandra :
Les pieds des mecs bougent violemment, ils suggèrent des piétinements, des bonds éfrayés et des cris de joie. Puis, soudainement, ensemble, aux pas bondissants et rapides, commencent à décrire un tourbillon. (…) Durant quelques minutes des mecs et des nanas frappent la terre, tremblent et piétinnent, suivant le même rythme à peu près fou… De temps à autre, de ce bouillon passionnel remonte des cris profonds, qui semblent issus de la boche d’une créature née aux temps jadis.
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